De nombreux voyageurs rêvent d’un rayon de soleil au cœur de l’hiver sans recourir à l’avion. En janvier, les lignes ferroviaires européennes offrent justement des itinéraires insoupçonnés pour rejoindre le sable chaud, des criques secrètes de l’Atlantique lusitanien aux rivages ultramarins reliés par ferry. L’idée phare ? Profiter de la faible affluence, d’hébergements plus accessibles et d’un voyage en train qui transforme déjà le trajet en découverte. Températures douces, cités méditerranéennes vivantes toute l’année, festivals culinaires d’arrière-saison : l’hiver dévoile un autre visage des stations balnéaires, plus authentique, parfois plus gastronomique, toujours surprenant.
En bref
- Des destinations plage hiver reliées en grande vitesse depuis la France.
- Des trajets mixtes train + ferry pour rejoindre les îles sans avion.
- Des budgets allégés, grâce à la basse saison et aux pass ferroviaires.
- Un tableau comparatif des durées, températures et atouts de chaque séjour en bord de mer.
- Un calculateur d’émissions pour mesurer le gain des transports écologiques.
- Des vidéos inspirantes et une FAQ pratique pour préparer l’escapade plage en toute sérénité.
Côte d’Azur en hiver : TGV direct vers une luminosité méditerranéenne
Il suffit de trois petites heures depuis Paris pour rejoindre Nice, cœur battant d’une vacances d’hiver pas comme les autres. La capitale azuréenne affiche en janvier une moyenne de 13 °C et surtout 300 heures d’ensoleillement mensuel, un record européen à cette période. Arriver par la gare de Nice-Ville, c’est plonger immédiatement dans un décor d’orangers en fleurs. Contrairement à l’été, la Promenade des Anglais reste presque libre, idéale pour aligner les kilomètres de running matinal ou simplement déambuler. Les bains sauvages de la plage de la Réserve attirent les plus téméraires : l’eau oscille autour de 14 °C, mais la faible houle crée un couloir de nage protégé.
Pour diversifier les paysages, le TER dessert Antibes en 12 minutes. À l’abri du rempart Vauban, les terrasses du Vieil Antibes proposent encore la bourride de lotte servie fumante. Bifurquer ensuite vers Menton séduit les amateurs de jardins subtropicaux. On y observe déjà les premiers citrons mûrs, prémices de la Fête du Citron de février. Quant aux surfeurs, ils scrutent la webcam de la plage du Buse à Roquebrune pour y repérer la moindre houle d’est.
Le rail simplifie aussi l’excursion sur l’arrière-pays. En 50 minutes de train des Pignes, la vallée de l’Esteron déroule des vasques turquoise où certains locaux plongent même en hiver grâce à la combinaison néoprène. Cet accès “montagne-mer” dans la même journée illustre la polyvalence de la Côte d’Azur hors saison.
Pour ceux qui hésitent, un comparatif chiffré démontre l’intérêt budgétaire : les hôtels 4 étoiles affichent 40 % de rabais par rapport à juillet. Enfin, la Métropole Nice Côte d’Azur met gratuitement à disposition des vélos en libre-service durant 45 minutes — parfait pour longer la baie et rejoindre Villefranche par la piste cyclable.
Où partir à la plage en janvier en prenant la voiture ?
Tout quitter le temps d’un aller-retour en voiture pour retrouver le goût du sel sur les lèvres en plein mois de janvier semble presque irréel. Pourtant, l’Europe méridionale, la Méditerranée et même le littoral atlantique portugais dévoilent une mosaïque de…
Costa Blanca : AVE espagnol et train de nuit, le combo douceur et tapas
Le nouveau service Trenhotel Paris-Latour-de-Carol, puis AVE Barcelone-Alicante, ouvre une diagonale idéale pour regagner la Méditerranée ibérique sans stress. On quitte la capitale française à 21 h, on somnole dans une cabine couchette, et l’aube se lève déjà sur le massif des Albères. À Barcelone-Sants, un café con leche plus tard, l’AVE file à 300 km/h vers Valence puis la plage de San Juan, à deux pas d’Alicante. En janvier, le thermomètre dépasse régulièrement 18 °C l’après-midi ; la lumière rasante magnifie les immeubles modernistes du paseo.
Autre atout majeur : les lignes C-6 et TRAM relient toutes les criques jusqu’à Dénia. Aucun besoin de voiture pour flâner entre les communautés de pêcheurs de Villajoyosa, célèbres pour leurs maisons bigarrées, ou grimper au château de Guadalest, balcon rocheux dominant une mer turquoise. À midi, la cervecería El Parque sert encore la caldereta, marmite de poissons relevée d’aïoli, bien plus digeste qu’en plein été.
Le soir, le marché central d’Alicante clôt la balade gustative : stands de jamón serrano, huîtres galiciennes, vins DO Utiel-Requena. On remarque la proportion d’expatriés nordiques venus hiverner ici grâce au rail, signe que le modèle fonctionne. Côté hébergement, les appartements front de mer tombent à 35 €/nuit la semaine, contre 120 € en août.
Expérience ferro-gastronomique au fil des gares
Un carnet d’adresses se tisse ainsi comme une ligne de train : petits-déjeuners au Mercado de Colón de Valence, pause déjeuner à Benidorm (encore paisible en hiver), chocolaterie artisanale à la gare de Villajoyosa, dîner sur le front d’Alicante. Le trajet devient récit. De quoi séduire les voyageurs qui, l’été, s’échappent vers des plages bondées accessibles en voiture.
Où partir à la plage en février pas loin de chez vous ?
Besoin d’un rayon de soleil pour souffler entre deux week-end pluvieux ? Le mois de février, pourtant le plus froid de l’année, cache des recoins côtiers où le climat doux et la mer accueillante n’attendent qu’un vol court ou quelques…
Algarve : l’Atlantique portugais par la Linha do Sul
Départ Gare Montparnasse, arrivée Lagos moins de 24 heures plus tard, le tout en Intercités de nuit jusqu’à Hendaye, RENFE jusqu’à Lisbonne, puis l’Intercidades portugais vers Faro. Les aficionados du surfing connaissent déjà Sagres et sa forteresse, mais oublient que la houle hivernale offre les meilleures vagues d’Europe occidentale — un secret jalousement gardé des locaux. Les écoles de surf du Tonel restent ouvertes, proposant combinaisons 4/3 mm et navette depuis la gare de Lagos.
Pour un séjour en bord de mer plus contemplatif, la Ria Formosa promet 60 kilomètres de plages barrières quasi désertes. Le petit train touristique d’Olhao fonctionne encore le week-end, reliant en 15 minutes les marais salants aux maisons cubistes du vieux centre. Les adeptes de birdwatching y observent flamants roses et spatules blanches, avant de déjeuner d’une cataplana de coquillages couverte de coriandre fraîche.
L’Algarve séduit aussi par ses initiatives écoresponsables : nombre d’hôtels labellisés Green Key installent des bornes de recharge pour vélos électriques. Les voyageurs peuvent ainsi pédaler jusqu’à Praia da Falésia et ses falaises ocres. Janvier est le mois des fêtes des agrumes : marchés de Loulé, dégustations de sorbet à l’orange Sanguina, concerts de fado intimistes.
Le train comme fil conducteur favorise les haltes culturelles : à Tavira, le pont romain et les azulejos racontent un autre Portugal, loin des clichés estivaux. Les pass Interrail Global, acceptés sur ces lignes, plafonnent le budget transport à 267 € pour 10 jours de voyages illimités.
Où partir à la plage en février en prenant l’avion ?
Février ne rime pas forcément avec gants et bonnet : il suffit de monter dans un avion pour retrouver le parfum sucré des fleurs tropicales, le grondement discret de la mer sur le sable et la lumière dorée qui réveille…
Iles Canaries sans avion : train, ferry et éternel printemps
Rejoindre Tenerife ou Gran Canaria sans avion relève de l’odyssée moderne, et pourtant de plus en plus de voyageurs l’entreprennent. Schéma classique : TGV jusqu’à Barcelone, AVE pour Séville, Media Distancia vers Cadix, puis ferry Trasmediterránea de nuit (36 heures) vers Santa Cruz de Tenerife. Le privilège ? Admirer deux levers de soleil en mer, observer les dauphins jouer dans l’étrave et arriver face au Teide enneigé alors que la côte affiche 20 °C. Les amateurs de randonnée doublent ainsi l’expérience balnéaire d’ascensions volcaniques.
Les stations balnéaires canariennes respirent en janvier : Maspalomas voit sa fréquentation divisée par trois, et le prix des studios s’ajuste en conséquence. Sur la plage de Las Teresitas, les palmiers importés du Sahara trônent devant le sable blond, tandis qu’à l’arrière-plan le quartier de San Andrés prépare la rosconada, brioche de l’Épiphanie.
L’itinéraire séduit les défenseurs des transports écologiques. Un TGV consomme 10 fois moins de CO2 par passager qu’un vol Paris-Tenerife direct. L’argument chiffré motive de plus en plus les familles, prêtes à transformer le transit en microcroisière. Les cabines du ferry incluent literie et douche privée ; le self-service propose fruits locaux et papas arrugadas. Les plus curieux prolongent jusqu’à La Palma via Armás pour marcher sur la coulée 2021 du volcan Cumbre Vieja, rouvrte au public récemment.
Où partir à la plage en février en prenant le train ?
Braver l’hiver pour entendre rouler les vagues, c’est la promesse de février lorsque l’on préfère la voie ferrée aux nationales engorgées. Le réseau français dessert désormais une mosaïque de stations balnéaires où l’on foule le sable moins fréquenté qu’en juillet,…
Riviera italienne : Sanremo et Cinque Terre baignées de lumière
À raison de quatre trains directs Paris-Milan par jour, puis d’un Intercity longeant la Ligurie, la frontière franco-italienne se franchit d’un simple pas de quai à Vintimille. De décembre à février, le microclimat de la Riviera dei Fiori assure des après-midi au-delà de 15 °C. Les habitants profitent alors d’une tradition : la passeggiata, promenade digestive dominant la mer. Les touristes d’hiver, eux, découvrent des sentiers du parc du Capo di Sant’Ampelio, désertés et tapissés de mimosas.
Chaque gare des Cinque Terre devient point de départ de randonnées tournées vers la mer. Le sentier Azzurro, trop fréquenté en été, redevient praticable. Monter de Corniglia à Vernazza révèle des ruelles fleuries de géraniums. À midi, la farinata de pois chiches arrive fumante dans la boulangerie de la via Mazzini tandis que les pêcheurs recousent leurs filets. Le train local, inclus dans la Cinque Terre Card, facilite ensuite le retour. L’impact carbone reste faible, un argument crucial lorsque la zone, classée UNESCO, souffre de surtourisme estival.
Côté culture, janvier lance la saison des festivals : le Théâtre Ariston de Sanremo répète déjà son mythique concours de chanson. Un billet acheté tôt à la gare garantit la séance générale à tarif réduit. Et pour marquer les esprits, rien de tel qu’un plongeon symbolique du 1ᵉʳ janvier à la plage de Monterosso avec les habitants, suivie d’une dégustation de Sciacchetrà, vin liquoreux.
Agadir et la côte marocaine par rail et ferry
Quitter Marseille en TGV pour Algésiras, traverser le détroit de Gibraltar et rouler sur le réseau ONCF marocain jusqu’à Agadir : l’itinéraire cumule 2 000 km, mais déroule un film de paysages. Après le thé à la menthe sur le ferry FRS, le train Al Boraq file à 320 km/h jusqu’à Rabat, et le lendemain les autocars Supratours (billet combiné) descendent vers les points break d’Anchor Point. Les surfeurs connaissent ce spot légendaire, mais ignorent parfois qu’en janvier la température de l’eau atteint 18 °C, contre 12 °C sur l’Atlantique français.
La corniche d’Agadir, reconstruite après le tremblement de terre de 1960, s’étend sur six kilomètres de sable blond. Les hôtels, souvent massifs, pratiquent des promotions “hiver bleu” avec spa inclus. Les curieux se tournent vers Taghazout, village devenu mecca du yoga. La compagnie ONCF propose un pass Découverte Maroc autorisant arrêts illimités pendant 7 jours : Essaouira pour le gnawa, Oualidia pour les huîtres, El Jadida pour la cité portugaise. À chaque descente de train, la mer n’est jamais loin.
Les gourmets testent la tanjia de Marrakech au retour, avant de ressortir à la gare de Casablanca pour s’offrir une dernière baignade sur la plage d’Aïn Diab. Le train, en reliant ces villes, construit un voyage crescendo, savoureux et balnéaire.
Andalousie atlantique : Séville, Cadix et la Ruta del Atlántico
Séville ne touche pas la mer ? Qu’importe, c’est la porte d’entrée. En AVE depuis Madrid, puis Cercanías, on atteint El Puerto de Santa María en 70 minutes. La zone baptisée Costa de la Luz bénéficie d’un microclimat, et les habitants s’adonnent au paseo sur la playa de la Victoria, immense bande de sable doré régulièrement primée pour sa propreté. Janvier célèbre ici les carnavals pré-printaniers ; les chirigotas répètent déjà leurs chansons satiriques dans les ruelles de Cadix, ambiance garantie.
Le rail permet de sauter de crique en crique : station suivante, Sanlúcar de Barrameda, où le fleuve Guadalquivir rencontre l’Atlantique. Les bodegas y servent la manzanilla bien fraîche accompagnée de gambas royales. Un TER plus loin, Huelva dévoile les marais d’Odiel, sanctuaire ornithologique. Les familles apprécient les grands appartements face à Isla Cristina, qui incluent souvent location de paddle. Les kitesurfeurs, eux, se ruent à Tarifa, accessible en bus direct depuis Algeciras, pour capter le Levante.
La région investit massivement dans la mobilité douce : pistes cyclables et parkings vélos sécurisés devant chaque gare. Le Conseil d’Andalousie projette même un RER côtier pour 2028, preuve que le tourisme d’hiver devient une filière stratégique.
Carnet pratique : budgets, passes ferroviaires et astuces écologiques
Reste à orchestrer ces idées en un itinéraire cohérent. Première règle : réserver tôt les trains de nuit français et espagnols, souvent complets lors des vacances scolaires. Deuxième règle : comparer les pass. L’Interrail Global couvre 33 pays, tandis que le Spain Pass Renfe convient à un séjour concentré Iberia. Le calculateur ci-dessous illustre l’économie carbone par rapport à l’avion.
Comparateur d’émissions CO₂ : Train vs Avion
Pour alléger encore le budget, beaucoup optent pour la demi-pension ; la plupart des hôtels incluent le dîner, moins cher que déjeuner sur le front de mer. Côté bagages, privilégier un sac de 50 L max : plus simple dans les compartiments et suffisant pour maillots, polaires légères et lycra anti-UV. Enfin, le rythme : un jour de train, deux jours sur place. Ce ratio ménage fatigue et multiplie les rencontres avec les locaux.
Les amoureux de culture peuvent élargir le rayon ; certains combinent temples et farniente en suivant cet itinéraire combiner temples et farniente, preuve qu’un esprit rail trip s’exporte sous tous les climats.
Tableau récapitulatif des destinations ferroviaires balnéaires de janvier
| Destination | Durée de trajet depuis Paris | Température moyenne | Atout majeur |
|---|---|---|---|
| Côte d’Azur | 3 h 55 | 13 °C | Lumière constante |
| Costa Blanca | 11 h (avec couchette) | 18 °C | Tapas authentiques |
| Algarve | 21 h | 16 °C | Surf hivernal |
| Canaries | Train + 36 h ferry | 20 °C | Printemps éternel |
| Riviera italienne | 7 h | 15 °C | Sentiers vides |
| Agadir | 28 h | 18 °C | Yoga & vagues |
| Côte andalouse | 9 h 30 | 17 °C | Carnavals anticipés |
Un simple coup d’œil suffit à comprendre pourquoi le train en hiver devient la colonne vertébrale d’une nouvelle façon de voyager.
Quel est le billet de train le plus rentable pour plusieurs pays ?
Le pass Interrail Global reste la solution la plus flexible : 7 jours de trajets illimités sur un mois coûtent environ 335 €. Il inclut TGV, AVE, trains portugais et liguriens, avec parfois réservation payante mais à faible coût.
Peut-on transporter une planche de surf dans les trains européens ?
Oui, la SNCF et la RENFE acceptent les planches jusqu’à 2 m dans une housse souple, gratuitement ou pour un supplément modeste. En Italie, il faut souvent réserver un espace vélo pour loger la planche verticalement.
Quels vêtements emporter pour une plage en janvier ?
Prévoir un système multi-couches : maillot de bain, lycra, polaire fine, coupe-vent léger. Pour la baignade, une combinaison 3/2 mm suffit au sud de l’Espagne, alors que l’Atlantique français requiert plutôt 4/3 mm.
Les ferries vers les Canaries sont-ils réguliers en hiver ?
Les compagnies Armas et Trasmediterránea maintiennent trois départs hebdomadaires Cadix–Tenerife en basse saison. La traversée dure 36 h et inclut cabine, restauration et options couchette.



